Editorial n°5 - avril 2021 [es]

Avril, le mois du livre

Le matin du 9 avril dernier, en ouvrant le quotidien « Diario Libre », l’amateur de critique littéraire aura eu une bonne surprise. Le jour même du deux centième anniversaire de la naissance de Baudelaire, un hommage était rendu à l’auteur de l’œuvre maîtresse Les Fleurs du Mal.

La passion française pour les commémorations est donc partagée en République dominicaine, où les évocations des grands moments de l’histoire nationale sont nombreuses, aussi nombreuses qu’en France, à en juger par ce qu’on peut trouver dans les journaux. Cependant, un hommage « au dandy, au génie, au maudit », comme l’écrivait ce jour-là José Rafael Lantigua, pouvait paraître surprenant, alors que d’autres écrivains français majeurs, comme Jean de La Fontaine, né en 1621, ou Gustave Flaubert, né en 1821, vont eux aussi avoir droit non seulement à des hommages multiples, mais très probablement aussi à de nouveaux livres d’analyse de leurs œuvres.

Le livre… tout est dans ce mot.
Qu’il soit en format in-folio, in-quarto ou in-octavo, le livre a conservé depuis plus de mille ans la mémoire de nos rêves et de nos drames les plus affreux. Celui de Charles Baudelaire fut censuré par le procureur Pinard, qui n’épargna pas non plus l’un des romans de Flaubert, et il existe encore bien des censeurs de par le monde pour réclamer l’interdiction de livres dont les parfums sont pourtant bien moins capiteux que ceux qui se dégagent de ces Fleurs du Mal si vénéneuses. Mais voilà… de livres, nous en manquons, car ils subissent de plein fouet les conséquences des restrictions de mouvement, des peurs irrationnelles et des effets de l’économie. Cette année par exemple, inutile de chercher à réserver un billet pour le Salon du livre de Paris : il n’aura pas lieu. Les librairies peinent à retrouver leurs clients après des mois de fermeture.

Dans une enquête du Centre national du livre publiée le 29 mars 2021, on découvre que la place de la lecture dans les activités humaines connait « un déclin préoccupant ». Il faut entendre par là que ceux qui lisent au moins un livre par an – c’est fort peu !- sont de moins en moins nombreux…

C’est donc en songeant au plaisir disparu qu’éprouvait le flâneur dans les travées étroites des salons du livre que je vous appelle, chers amateurs de littérature, d’histoire, de poésie, de théâtre ou de philosophie, à vous lancer à la recherche des rares librairies de la capitale de ce pays pour y acquérir n’importe quel ouvrage à votre convenance, soit pour le lire, soit pour l’offrir, mais dans tous les cas pour en savourer le lisse, le rugueux, le coloré (surtout s’il est illustré) ou même le poids si vous aimez les bons gros tomes de mille pages comme il s’en écrit encore.
Bonne lecture !

publié le 25/05/2021

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