Editorial n°1

Editorial n°1 - décembre 2020

JPEGUn jour de décembre 2020, je me suis trouvé complètement bloqué dans les embouteillages à Saint-Domingue. Quartier Nord. Nuit. A travers le pare-brise, je ne voyais que l’arrière crasseux d’un camion, et dans le rétroviseur la fixité un rien menaçante des phares d’un autre camion. C’est dans ce moment de torpeur que je me suis interrogé sur le sens de la vie, sur le bilan de l’année écoulée, alors même qu’il semblait incongru d’envisager le futur.
« Qu’avons-nous fait pour le monde » ?
La voix fluette d’un cynique gloussait :
« j’ai survécu ! c’est déjà ça… »,
tandis qu’un croyant murmurait :
« j’ai prié pour l’avenir de l’humanité ».
Et puis voilà qu’un calculateur, songeant qu’il n’avait pas tout perdu mais presque, se demandait tout bas si la faillite ou la fin des temps n’allait pas survenir.

Pour écarter ces visions contradictoires du monde, qui voltigeaient comme des moustiques insaisissables, je tournai la tête vers la droite où des rires d’enfants venaient sonner contre les vitres. De retour d’un entraînement de base-ball, ils échangeaient des blagues, indifférents à la pollution qui s’accumulait dans leurs bronches. En les regardant, je me souvins que l’objectif de l’accord de Paris signé il y a cinq ans était de limiter d’ici la fin du siècle le réchauffement climatique à deux degrés centigrade voire 1,5 °C par rapport à l’époque préindustrielle. Des experts nous disent que cet objectif est loin d’être atteint : l’Organisation météorologique mondiale estime que la période 2016-2020 a été la plus chaude jamais enregistrée. Certes, on a observé une baisse du niveau des émissions pendant le confinement imposé pour lutter contre le coronavirus, mais elle fut passagère et ne suffira pas à inverser la tendance. La durée de vie des gaz à effet de serre, je le sens bien alors que je suis toujours bloqué derrière mon camion, est préoccupante. Pensons-y le 12 décembre, alors que plusieurs évènements sont organisés pour célébrer l’anniversaire de l’accord de Paris sur le climat.

C’est justement en y songeant que j’ai eu cette idée, plaisante je l’espère pour vous chers lecteurs, d’écrire pour les habitants de cette île magnifique où j’ai pris mes fonctions il y a moins de deux mois une courte chronique. Si le style et l’idée vous conviennent, chers compatriotes de la République dominicaine et chers amis de la France, celle-ci pourrait devenir un rendez-vous régulier. Vous me direz « pourquoi pas ? », mais encore faut-il qu’il y ait du contenu dans une chronique. Soit. Nous y réfléchirons, mais là, dans ce bouchon, coincé entre deux camions, c’est dur.

A ce stade de l’année d’ailleurs, le message le plus simple que je puisse imaginer se rapporte à l’approche de Noël, renaissance éternelle et moment des retrouvailles familiales : je vous souhaite donc de joyeuses fêtes de Noël et une fin d’année heureuse ! Puisse ce moment coïncider avec la disparition progressive de l’épidémie dont nous sommes tous franchement lassés. Voilà un vœu modeste mais que je formule avec énormément d’optimisme et de force, au nom de toute l’ambassade de France :

Bonheur, santé et prospérité à tous en 2021 !

publié le 25/05/2021

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